L’académie des lutins

Bonjour et bienvenue à l’académie arctique de formation des lutins d’entrainement du Père Noël. Je m’appelle Lucol et je serai votre guide lors de cette visite. Veuillez rester silencieux, les lutins ont besoin de beaucoup de concentration pendant les exercices.

Sur votre droite, vous pouvez observer Lubie et Luba dans le simulateur de vol, il et elle s’entrainent à éviter les avions à réactions. Même si le traineau est invisible pour la plupart des humains, un accident est toujours possible.

Sur votre gauche, Ludina est en train de tracer le parcours de ce soir en fonction de la liste des enfants sages de la journée.

Quoi ? Moi ? Ce que je fais ?

Et bien, je dirige le centre, répondit Lucol en se dressant pour paraitre plus grand. Et tout occupé à se grandir, il trébucha sur un jouet qui trainait par terre et s’étala de tout son long. Les enfants lutins en visite éclatèrent de rire. Lucol était connu pour son étourderie et sa maladresse, et pourtant il n’avait pas menti, il dirigeait bien l’académie de formation des lutins d’entrainement du Père Noël. Pour tout dire, il l’avait même créée. Et cette histoire débuta par une autre maladresse de Lucol.

En ce temps là, Lucol était un lutin comme les autres, occupé à préparer et emballer les cadeaux pour le grand soir. Sa maladresse et son étourderie lui faisait commettre beaucoup d’erreurs : il emballait un jouet à moitié seulement, ou alors il échangeait les étiquettes de prénoms. Cette dernière erreur était très grave, si Lufa ne contrôlait pas derrière, un enfant aurait pu se retrouver avec le mauvais jouet. Après une autre de ses erreurs, il fut convoqué chez le Père Noêl, et c’est en tremblant qu’il se rendit dans la cuisine où le vieux monsieur s’entrainait à manger les gâteaux que lui confectionnait la Mère Noel. Sa plus grande peur était que le Père Noêl ne lui interdise de participer aux préparatifs de la grande fête.

– Lucol, il parait que tu as encore fait des tiennes ? Je sais que tu veux bien faire, mais tu retardes les autres et nous n’avons pas le temps de prendre du retard. Il ne reste que deux mois avant la grande tournée, tous les cadeaux doivent être prêts. Tu le sais, n’est-ce pas ?

– Oui, je le sais, Père Noël. Je fais de mon mieux, je vous assure. Laissez moi essayer encore, s’il vous plait.

– J’ai bien réfléchi à ton cas, Lucol. Je pense avoir un autre travail pour toi. Voudrais tu aider Luchin à s’occuper des rennes ? C’est un travail très important, les rennes doivent être en pleine forme d’ici deux mois. Tu devras les nourrir, les caresser pour qu’ils soient heureux et leur chanter des chansons. Es-tu d’accord ?

 

Lucol devint donc lutin assistant des rennes. Il adorait s’occuper d’eux et commettait moins de maladresses. Et d’ailleurs les rennes lui rappelaient s’il oubliait de leur donner à manger ou s’il s’arrêtait au beau milieu d’une chanson pour rêvasser. Ils se mettaient alors à mugir tellement fort que Lucol reprenait son occupation immédiatement en éclatant de rire.

Un soir, il eut une idée et alla en parler à Luchin.

– Dis Luchin, les rennes sont bien nourris et heureux, mais ne crois tu pas qu’ils aimeraient se dégourdir les pattes un peu plus qu’en faisant le tour du Pôle Nord ? Et si nous organisions une tournée d’entrainement ?

– Une tournée d’entrainement ??? Mais voyons, cela fatiguerait les rennes pour rien. Non, je ne crois pas que ce soit une bonne idée.

Lucol repartit chez lui ce soir là un peu triste et très pensif. Il était sûr que si les rennes s’amusaient ils ne seraient pas fatigués mais au contraire leur joie leur donnerait encore plus d’énergie pour la grande tournée annuelle.

Le lendemain matin il avait pris sa décision, il ferait la tournée en cachette de Luchin. Si les rennes étaient fatigués il arrêterait, mais si …

La nuit venue, comme un cambrioleur, il entra dans l’étable et alla parler aux rennes. Il leur expliqua son plan et leur demanda la permission de les emmener faire le tour des enfants sages. Les rennes agitèrent les oreilles en silence pour lui dire qu’ils étaient d’accord. Et dans le froid de ce début Novembre, Lucol et les rennes s’envolèrent pour leur première tournée d’entrainement. Pour cet essai Lucol n’avait pas osé emprunter le traineau et n’avait rien emporté avec lui. Ils se contentèrent de tourner autour de la terre et de passer devant les fenêtres des enfants sages en laissant derrière eux une trainée de paillettes. Les rennes bondissaient de joie et Lucol riait de bonheur. Le froid, le scintillement des étoiles, le son des clochettes des harnais, tout contribuait à une nuit magique. Magie qui fut brutalement arrêtée lorsque Lucol aperçut le Père Noël qui l’attendait devant l’étable. Il était rouge de colère, aussi rouge que sa veste, et ce n’était pas bon signe.

– Lucol ! Comment as-tu osé ? Qu’est ce qui t’es passé par la tête ? Et si un des rennes s’était blessé ? Tu y as pensé ?

Lucol baissait la tête et essayait de se faire le plus petit possible, ce qui n’est pas facile pour un lutin déjà assez petit.

A ce moment, les rennes se pressèrent autour du Père Noël et se mirent à frotter leurs têtes contre lui. Lucol observait la scène par en dessous. Le Père Noêl ne semblait plus en colère, et se mit même à sourire.

– Tu as de la chance qu’ils prennent ta défense. Apparemment ils veulent recommencer et je n’ai pas le temps. Je te nomme responsable des tournées d’entrainement. Prends grand soin d’eux.

A partir de ce jour Lucol entreprit d’organiser des tournées d’entrainement de différentes façons. Parfois ils partaient sans traineau et volaient sans autre but que de faire le tour de la terre. Parfois ils essayaient de voler le plus haut possible, ou le plus vite possible. Et parfois ils prenaient le traineau et le chargeaient de seaux remplis de neige pour simuler le poids des cadeaux. Lucol s’amusait bien et les rennes étaient de plus en plus en forme, mais il lui manquait quelque chose : le sourire des enfants. Il ne pouvait bien sur pas distribuer les cadeaux, c’était le rôle du patron. Il eut alors une autre idée et alla l’expliquer à la Mère Noêl pour avoir son avis. Cela lui plut tellement qu’elle alla elle-même le demander à son mari, qui ne pouvait rien lui refuser.

Le lendemain, 1er décembre, Lucol fit la tournée avec le traineau qui renfermait des boites et des boites de chocolat. Dans chaque maison d’enfant sage, il déposa un et un seul chocolat. Et il fit cela tous les jours jusqu’au grand soir. Bien sûr, même si cela allait mieux, il commit encore quelques maladresses. Il dut quelquefois retourner en cachette dans la journée pour remettre le chocolat dans une maison qu’il avait oubliée. Une fois, il laissa même tomber le chocolat dans la chambre de l’enfant car il n’avait pas le temps d’aller au salon.

Malgré cela, l’entreprise fut une si grande réussite que le Père Noël décida que dorénavant, un chocolat serait distribué chaque soir durant le mois de Décembre par une équipe de lutins. Et il nomma Lucol directeur de l’académie chargée de former les lutins de cette équipe.

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